
Voici un article intéressant qui explique la crise et ce qui va s'ensuivre. La Chine n'a pas l'intention de se plier indéfiniment aux exigences américaines... Qu'on se le dise !
LA REPUBBLICA • Les déclarations du pape sur le préservatif consternent le monde entier |
Arrivé au Cameroun le 17 mars, le pape Benoît XVI a reçu un accueil très chaleureux de la population. Avant sa venue à Yaoundé, le pape a fait le point sur les maux dont souffre l'Afrique, notamment le sida, rapporte le quotidien de Rome. Il s'est dit opposé à la distribution de préservatifs, qui, selon lui, aggrave le problème. Il ne voit que la prière, l'abstinence et les soins gratuits pour sauver l'Afrique de cette pandémie. Un article sur Stieg Larsen et les hommes qui n'aimaient pas les femmes Phénomème mondial. Pourquoi? |
Un article de Peter Dale Scott où il parle des menaces qui pèsent sur le monde suite à la débâcle économique . Notamment une guerre d'envergure.
Laissez-moi expliquer cette métaphore en détails plus concrets. Les sociétés progressives (à notre époque, il s’agit habituellement de démocraties) ont tendance a étendre leur présence au-delà de leurs frontières géographiques. Cette présence élargie nécessite de nouvelles institutions, généralement libres de toute responsabilité démocratique (comme la CIA). Cette accumulation de pouvoir sans obligations, dans ce que j ai déjà appelé « l’État de l'ombre », bouleverse le système de pouvoir et contrepouvoir de l’État public, lequel constitue le pilier de politiques saines et délibérantes.
.
L’on pourrait s’attendre à ce que les démocraties progressives évoluent vers des politiques étrangères de plus en plus rationnelles. Toutefois, en raison de la dialectique décrite ci-dessus, nous voyons exactement le contraire se produire : une évolution vers des engagements stupides et parfois désastreux. Lorsque la démocratie a progressé en Grande-Bretagne à la fin du 19e siècle, cela a provoqué la guerre des Boers, une guerre qui convenait très bien aux besoins impériaux privés de Cecil Rhodes, mais ne servait aucunement les intérêts du peuple britannique sinon leur nuisait (33). Le rêve d’un troisième Reich chez Hitler, qui impliquait une répétition, vouée à l’échec, de l’aventure napoléonienne au coeur de la Russie, convenait aux besoins des industriels allemands qui avaient financé les nazis. Cependant, les hommes sensés à la tête du personnel militaire allemand pouvaient dès le début voir venir le désastre.
Depuis plus d un demi siècle, soit depuis la guerre du Vietnam, des forces non imputables mènent l’Amérique dans des aventures insoutenables sur le continent asiatique. Nous savons aujourd’hui que Kennedy n’a jamais eu l’intention d’engager les troupes américaines au Vietnam (34). Toutefois, le plan fatal visant à étendre la guerre du Vietnam au nord du 17e parallèle a été autorisé pendant la dernière semaine de sa présidence avortée, probablement sans qu’il soit au courant (35). Lors de son élection, Jimmy Carter était déterminé à réduire l’envergure et la fréquence des opérations clandestines de la CIA (36). Pourtant, son conseiller à la Sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, a engagé des manoeuvres en Afghanistan, lesquelles ont mené à la plus vaste opération clandestine de la CIA (et à mes yeux la plus délétère) de tous les temps (37).
Nos historiens aux archives n’ont toujours pas tout à fait compris l’un ou l’autre des paradoxes, ni les forces qui se trouvent derrière. Et comme l’observait notoirement le philosophe George Santayana : « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter (38). »
L'arbre du Hamas ne doit pas cacher la forêt de l'occupation
Ce qui étonne le plus, depuis l'invasion de Gaza par l'armée israélienne, est la perte de mémoire dont semblent être affectés la plupart des commentateurs de cette sale guerre – le mot n'est pas trop fort – dans laquelle Israël s'est engagé. L'on débat, en effet, de savoir qui, du Hamas ou du gouvernement israélien, a rompu la trêve, ou de la gravité respective des morts d'Ashkelon et de Sderot et de ceux de Gaza.
Non que ces aspects du conflit soient négligeables. Il faut répéter ici que toute mort de civil, de quelque bord qu'il soit, constitue un crime de guerre. Il faut redire également que les forces démocratiques doivent partout, et en particulier dans le monde arabe, s'opposer au Hamas, porteur d'un projet de société aux antipodes de nos principes et de nos valeurs.
Cela posé, il convient tout de même de rappeler quelques évidences. Les causes de la tragédie d'aujourd'hui ne remontent pas à quelques mois, ni à quelques années. C'est dans l'occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza depuis 1967 qu'il faut en voir la raison essentielle, sinon la seule. C'est dans le refus d'Israël de reconnaître le droit à l'indépendance des Palestiniens et de signer une paix définitive fondée sur un compromis territorial dont les bases sont connues qu'il faut chercher la cause de l'adhésion d'une partie de la population palestinienne à la stratégie du Hamas. En poursuivant une colonisation forcenée de la Cisjordanie et en ôtant ainsi toute chance à la paix, en affaiblissant l'Autorité palestinienne par son refus de toute concession, Israël a offert au parti islamiste la possibilité de se présenter comme le seul véritable mouvement de libération.
Et le retrait israélien de Gaza en 2005, dira-t-on ? Ce serait une erreur que d'y voir une concession israélienne. Cette minuscule bande de terre surpeuplée et coupée du monde est, en effet, une « patate chaude » dont aucun Etat limitrophe ne veut, ni l'Egypte ni Israël. Ce dernier a, de fait, cherché à s'en débarrasser en faisant passer son retrait pour un « douloureux abandon » en faveur de la paix. L'extraordinaire brutalité du traitement infligé par le gouvernement israélien à Gaza n'a, en outre, pas peu contribué à y renforcer la légitimité du Hamas aux yeux de sa population.
Le vrai drame d'aujourd'hui est la transformation d'Israël en une véritable société en armes. Outre le fait que l'autorité civile y fait le plus souvent soumission à la décision de l'armée, l'écrasante majorité de la population s'avère incapable de penser son avenir au sein de sa région hors de l'équation militaire. Plus d'une fois, certes, l'attitude des régimes arabes et des directions palestiniennes successives l'y a aidé. Mais, aujourd'hui, c'est l'autisme de l'Etat hébreu et la suicidaire cécité de son opinion qui constituent l'obstacle à la paix. Tant qu'Israël ne changera pas d'attitude, tant qu'il se fera dicter sa conduite par la partie la plus extrémiste de son opinion et de ses forces politiques, il ne devra pas s'étonner de trouver en face de lui des Frankeinstein qu'il aura contribué à fabriquer.
12 janvier 2009
Sophie Bessis, historienne
Tewfik Allal, président du Manifeste des libertés
Israël-Palestine : l’urgence d’un new deal